Mille et une histoires d’oranger

« Orangers, arbres que j’adore,
Que vos parfums me semblent doux !
Est-il dans l’empire de Flore
Rien d’agréable comme vous ? »

Les Amours de Psyché, Jean de La Fontaine

Oranger, arbre fruitier toujours vert, raconte mille et une histoires. Il parle de ses voyages dans les pays chauds, de la façon dont les hommes ont appris à l’aimer et à cultiver son fruit, de la manière dont ses fleurs blanches s’emmêlaient dans les chevelures des jeunes mariées… Comme des tisanes écoute avec délectation ses récits d’ici et d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui, et s’en inspire pour formuler ses propres voyages grâce à des infusions créatives qui offrent des transports bienfaisants.

Orange se décline autant que rose. Orange douce, orange amère, feuille, bouton de fleur, zeste de fruits se glissent dans certaines tisanes de notre marque. Les boutons de bigaradier, ou d’oranger amer, parfument délicatement la tisane de Mamie Zoé. Ses feuilles s’agitent dans la décoction du Chapelier fou. Les zestes d’oranges douces apportent fraîcheur et finesse lors de la dégustation de la tisane du Jardin arabo-andalou ou celle du vent du Sud, le Sirroco. L’orange nous renvoie souvent à des paysages chaleureux dont la sensation de dépaysement ne vient pas sans un sentiment d’apaisement et de détente.

Oranger dans un Tacuinum sanitatis

Oranger dans un Tacuinum sanitatis

L’orange propose un changement d’horizon, une évasion que nous soutenons avec nos tisanes savoureuses qui veulent s’échapper des infusions classiques, des thés parfumés à l’orange dont le goût habituel n’est plus source d’émerveillement… Comme des tisanes est alors allé chercher dans les dictionnaires, les encyclopédies, dans la littérature manuscrite ou imprimée, les origines de l’oranger pour mieux comprendre les histoires de ses vertus et de ses usages. Nous sommes partis en quête des recettes oubliées, des traces que le temps a presque effacées, des contes de rêves avec des mondes idéalisés.

Parmi ces contes et ces mondes de rêves, se trouvent le récit allégorique du Livre de Cuer Damours espris de René d’Anjou composé en 1457. Il s’agit de l’histoire du chevalier Cuer, prêt à affronter de périlleuses épreuves pour la personne qu’il aime, la Dame Merci. Il se rend, sur l’île d’Amour, c’est-à-dire l’île de Cupidon, qui se situe dans un monde dans lequel le temps, le jour et la nuit sont différents du rythme terrestre. Il est dit que l’île « mieult sembloit chose espirituelle que terrienne » et possédaient des arbres remarquables, énumérés dans le manuscrit de Vienne narrant un épisode dans le parc de l’île : « c’est assavoir pommiers, poyriers, grenadiers, figuiers, serisiers, noysilliers, pruniers, noyers, voyre noyers qui les grosses noix d’Inde portent, orengiers, lymoniers, palmiers, quenelliers, gingembriers, poiriers [poivriers], petiz noyers, muscadiers et d’autres mil fassons d’arbres estranges desquelz n’y a nulz par deça la mer sy non dedans cedit parc la tant seullement. »

L’oranger fait alors partie des arbres lointains et exotiques, des arbres d’un autre monde aux qualités étranges, mais fascinantes. Ses qualités, ses beautés, sa rareté, font de lui un arbre noble aux vertus supérieures, presque divines.

Comme des tisanes espère bien lui faire un honorable hommage !

 

BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE :

Jean de La Fontaine, Les Amours de Psyché, Paris, Livre de poche, 1991

René d’Anjou, Le Livre du cuer d’amours espris, édité et présenté par Suzanne Wharton Union générale d’édition, 1980